Adopter un chat adulte

Une expérience unique et un acte d'amour

De très nombreux chats adultes attendent depuis de nombreux mois, voire des années à l’ECOLE DU CHAT, l’adoptant qui voudra bien leur faire confiance et qui leur donnera la chance de connaître un foyer ou de revivre en famille.

Ils ne sont pas malheureux à l’Ecole où ils sont soignés avec attention, appelés individuellement par leur nom et caressés par les bénévoles et les visiteurs, bien au chaud l’hiver et rafraîchis l’été, bien nourris peut être trop pour certains que le régime guette.

Mais nous avons le cœur serré quand nous les voyons si nombreux faire les cent pas derrière les grillages. Ils seraient tellement plus heureux s’ils pouvaient partager la douceur d’un foyer.

Durant ces derniers mois, quelques uns d’entre eux ont eu la chance de rejoindre des adoptants qui nous envoient aujourd’hui leur témoignage que nous souhaitons vous faire partager.

« Il suffit de croiser son regard avec celui d’un chat pour mesurer la profondeur des énigmes que chaque paillette de ses yeux pose aux braves humains que nous sommes » 

JACQUES LAURENT

AUBAINE

AUBAINE, une très gentille chatte de 3 ans, a été jetée dans le jardin d'une protectrice chez qui 3 chats vivent heureux. Elle a confié Aubaine à l’Ecole du Chat pour qu’elle soit tatouée, testée et stérilisée. Aubaine était triste et très refermée, sans doute traumatisée par l’expérience vécue. Voici le témoignage d’Eric, son adoptant :

J’ai vu naître et grandir plusieurs chatons qui ont tous énormément comptés dans ma vie. J’en garde des souvenirs émus, mais je crois pouvoir dire que ces expériences ne m’ont pas autant humainement enrichi et n’ont généralement pas abouti à l’établissement de relations aussi profondes, au regard de celles qui devaient ensuite résulter de l’adoption de chats adultes.

Lorsqu’au mois d’août dernier, je me suis retrouvé sans chat, suite à une séparation, il ne m’est pas venu un seul instant à l’esprit que ce nouveau compagnon puisse être un chaton. L’éducation d’un chaton, ce difficile apprentissage des codes humains qui ne supporte pas l’échec est un long labeur, qui nécessite une véritable habitude, un engagement permanent, et plus de contraintes que ne le pensent les inconditionnels des peluches à peine sevrées, et qui s’en détachent trop souvent quand l’animal grandit, résultante de leur incapacité à assumer leurs propres fautes dans le processus de sociabilisation.

Un chat adulte était au contraire la garantie de disposer dans des délais bien plus brefs que pour un chaton, de tout ce que l’on est susceptible d’attendre de ce compagnon, tant du point de vue pratique (propreté immédiate, faire ses griffes sur des objets convenus), que du point de vue affectif : la capacité à partager rapidement la vie de son maître, à passer de longs moments avec lui, un calme et une sérénité qui ne l’empêcheront pas forcément de réveiller à bon escient, cette âme de gros chaton joueur qui toujours sommeille en lui.

Un chat adulte vous assure, chose essentielle pour l’avenir d’une relation, d’un caractère déjà affirmé, vous permettant ainsi de privilégier selon vos attentes, un animal réputé calme ou câlin, indépendant ou collant, espiègle ou vif. Surtout un adulte qui est demeuré plus ou moins longtemps dans un refuge, cache en lui des blessures profondes : qu’il pleure un bonheur perdu ou qu’il cache en lui les réminiscences perpétuelles d’une vie de misère, ces blessures le rendront profondément reconnaissant, à celui qui lui aura offert une deuxième chance, tissant ainsi une relation souvent bien plus profonde et plus chaleureuse avec son nouveau maître, que ne le fera jamais une petite boule de poils en grandissant, s’il ne sait pas les laideurs de la vie.

Je n’ai pas choisi AUBAINE (3 ans) en fonction de critères de « beauté », mais simplement parce que sa présentation sur internet disait « une chatte qui revient de loin : elle mérite une bonne famille ».

Quand je suis venu la voir, elle dormait sur une étagère du placard à linge de l’Ecole du Chat. Je me suis accroupi, l’ai caressée, elle s’est levée, s’est simplement installée sur moi et nous sommes restés ainsi un bon quart d’heure. Par ce premier contact, elle m’offrait tout ce que j’attendais d’elle, le calme, le partage d’un instant de tendresse, une relation de confiance et d’amitié.

Aubaine s’est aussitôt adaptée à son nouveau lieu de vie, et sa crainte des bruits inconnus s’est vite dissipée. Je l’ai laissé faire, aller et venir à son rythme, trouver ses marques, tout en restant vigilant à écouter ses silences et répondre à ses appels, sans la forcer jamais, en respectant sa pudeur. Elle aime jouer, comme tous les chats adultes, mais c’est sa capacité à demeurer des heures sur mes genoux qui illustre le mieux le bien être que l’un et l’autre éprouvons à être ensemble.

Aubaine a depuis été rejointe par deux autres adultes, un chat indépendant et solitaire de 8 ans qui n’avait pratiquement plus de chance d’adoption, et un autre plus jeune, mais timide, vivant dans la peur, se cachant en permanence et que de potentiels adoptants ne voyaient jamais.

Je savais qu’il me faudrait cette fois, à l’inverse d’Aubaine qui s’est sentie immédiatement à l’aise avec moi, beaucoup de patience, plusieurs mois peut-être, beaucoup d’amour et de respect, si je voulais parvenir à lui redonner confiance en l’humain et la vie. Deux mois ont en fait suffit pour gagner ce pari, le libérer de sa timidité et de ses frayeurs et faire de ce chat en perdition le plus affectueux des matous, câlin et bavard, ivre de vie et plein de reconnaissance pour son sauvetage.

Seules les personnes ayant sorti des adultes des refuges savent à quel point de telles expériences vous permettent de mettre à jour toutes les richesses qui sommeillent en vous.

En adoptant un chaton, vous choisissez un peu un jouet que vous tenterez, souvent en vain, de moduler à votre convenance.

En adoptant un chat adulte, il vous reviendra de vous faire accepter par lui. Et ce que son regard vous renverra, c’est votre propre image qu’il sera allé puiser dans la profondeur même de votre âme. Est-ce parce que trop de gens ont peur d’eux-mêmes et de ce qu’ils sont qu’ils se refusent à donner une chance à un chat adulte, à un chat trop timide, à un chat handicapé ou à un chat malade ?


CHATAIGNE

Michèle LEGER nous a confié CHATAIGNE, chatte de terrain à la campagne. Elle allait se retrouver livrée à elle-même. Nous l’avons accueillie fin juillet, stérilisée et tatouée. Peureuse et timide, elle a attendu un adoptant et Michelle est revenue. Aujourd’hui, elle vit heureuse avec la tribu de Michèle à Paris.

« Un beau matin en 2000, une portée de 6 chatons a été déposée dans le jardin de notre maison de campagne assez isolée au milieu des champs.

Une mamy voisine (adorant les animaux) a accepté de venir les nourrir chaque jour. Petit à petit, il n’est plus resté dans le jardin qu’une chatte que j’ai appelé Chataîgne. Pour éviter tout risque de prolifération, notre mamy lui donnait la pilule tous les 15 jours.

Pendant 6 ans, Châtaigne a vécu sauvageonne elle acceptait deux ou trois caresses pendant qu’elle mangeait puis repartait vivre sa vie quand nous étions le week-end on la voyait en temps se prélasser dans un massif de fleurs.

En août 2006, catastrophe ! Notre mamy déménage pour se rapprocher de sa fille. Qui va nourrir chaque jour Châtaigne ? J’ai donc décidé de tenter l’adoption. Pas simple quand on habite un appartement à Paris avec déjà …. 3 petits chiens et …. 4 chattes.

J’ai appelé à l’aide l’Ecole du Chat Libre du Parisis qui m’a tout d’abord prêté une trappe. Ce n’est qu’au 3ème week-end que Châtaigne s’est fait prendre. Je désespérais. Ensuite Châtaigne a été prise en charge par l’Ecole qui l’a fait stériliser et l’a gardée pendant 4 semaines.

Le 23 septembre 2006, le grand jour est arrivé. J’ai ramené Châtaigne à la maison. Je dois avouer que j’angoissais. Comment une chatte qui avait vécu pendant 6 ans libre et en sauvageonne à la campagne allait réagir dans un « trois pièces » parisien ?

Après l’avoir isolée dans une pièce pendant 3 semaines, le temps qu’elle se rassure, qu’elle me connaisse et me fasse confiance, j’ai ouvert les portes. Cela a un peu craché au début du côté de mes 4 félines mais jamais rien de dramatique.

Aujourd’hui, Châtaigne a trouvé sa place dans la maisonnée. Aucune agressivité de sa part. Au contraire, c’est un énorme moteur diesel de ronronnements qui démarre dès que je la caresse. De temps en temps, elle vient dormir avec moi sur le lit bien calée près de … ma tête !!! et elle ronronne !!!!!!!!!!!!

C’est tout simplement un AMOUR de chatte.

J’en profite pour remercier l’Ecole du Chat du Parisis qui m’a aidé et surtout qui a permis à Châtaigne de profiter maintenant de la chaleur d’un foyer, au propre comme au figuré.

C’est également un témoignage. Il ne faut pas hésiter à adopter un (ou une) sauvageon(ne). Ils ne demandent que cela. Vivre entouré d’amour et de caresses.

Michèle LEGER »

Châtaigne en pleine sieste

Châtaigne et 2 de ses nouvelles amies


TIGROU ET MARQUISE

MARQUISE est arrivée à l’Ecole il y a plusieurs années et TIGROU au mois d’août 2006. Par le plus grand des hasards, ils ont été trouvés sur le même terrain. Et bien sûr, ils étaient tous les 2 FIV. Cela n’a pas empêché Sabrina de craquer pour nos deux jolis tigrés gris.

« Depuis plusieurs mois, Audrey, ma collègue de travail, me raconte tous les lundis matin, sa séance de ménage du samedi à l’Ecole du chat Libre du Parisis. Elle s’est au fil des années attachée aux chats FIV. Elle me raconte les anecdotes hebdomadaires de ses fidèles matous, leurs problèmes, leurs joies, leurs états de santé, les particularités de chacun, leurs traits de caractère...

Le nom de TIGROU revient souvent, et au fil du temps, je suis de plus en plus intriguée par ce gros pépère ; je suis en train de tomber sous le charme d’un minou que je n’ai jamais vu. Audrey m’apprend qu’il est FIV, que ce petit être a le SIDA du chat ; jusqu’à ce jour, j’ignorais que le chat pouvait être porteur de ce virus.

Après réflexion, je décide un soir après mon travail d’aller visiter la chatterie. A 19h30, après leur dîner de 17h, tout le chalet est tout endormi ; la nuit a commencé pour nos matous. Collés les uns contre les autres ou solitaires dans leur panière, ils ont alors ouvert un œil plein de surprise : ah ! semblent-ils dire, trois dames en visite à cette heure ci , c’est insolite ! Audrey me présente MONSIEUR TIGROU, dit BOUBOULE à ce jour pour les intimes ou même PETIT SUMO. 

Dans les bras d’AUDREY, il se met à ronronner très fort, les yeux remplis d’amour et de reconnaissances. Je craque « illico » : j’adopte TIGROU, désormais il s’appellera GOUILLARD.

Je prends le temps de promener mon regard sur l’étagère et là à droite mon regard est attiré sur une petite chose endormie tout en rond d’un pelage identique à mon Tigrou. Attirée comme par un aimant par cette petite puce, toute menue, je m’approche d’elle. Elle relève sa petite tête et à cet instant Audrey et Evelyne me confient que cette demoiselle prénommée MARQUISE n’aime pas qu’on la prenne dans les bras. Je suis très émue car elle me lance alors un regard doux et triste à la fois avec un air de fatalité. J’ai tendu la main et l’ai caressée, elle a tendu sa tête et s’est mise à ronronner. J’ai avancé ma tête et à ma grande surprise et celles de mes amies, nous sommes restées tête contre tête son petit nez humide sur mon front et j’ai eu droit au plus merveilleux des câlins. Instant magique ! Mon cœur s’est serré ; que faire, lequel des deux adopter ; j’avais décidé de choisir Tigrou mais je venais de tomber sous le charme de MADEMOISELLE MARQUISE

Mille questions se bousculent dans ma tête. Ils sont tous les deux porteurs du FIV, leurs chances d’adoption sont quasi nulles ; pourquoi l’un et pas l’autre ? Je suis déstabilisée, j’ai la gorge serrée ; il ne me reste plus qu’à rentrer et à réfléchir, la nuit porte conseil. Le lendemain matin, ma décision est prise : ce sera les deux à la maison.

Le 27 décembre, je signe tous les papiers et nous voilà réunis tous les 3. TITI miaule pendant les 1 heure ¾ que dure le voyage, Marquise est sage et ouvre de grands yeux étonnés.

Stupéfaction quand j’ouvre leurs paniers dans la cuisine : TITI sort le premier et Pupuce le suit. Après une reconnaissance générale des lieux et une présentation de leur litière, leurs gamelles, leurs jouets et paniers, ils s’installent comme s’ils rentraient de vacances et retrouvaient ravis leur maison. Nous continuons à nous découvrir mutuellement, avec patience et un peu de timidité mais surtout avec beaucoup d’amour. Aujourd’hui après seulement 3 mois de vie commune, nous sommes tellement heureux tous les trois

Sabrina  »

Marquise la douce

Tigrou dit Petit Sumo

MERCI à tous les bénévoles qui se sont si bien occupés de nous et un grand merci à notre marraine AUDREY qui nous a trouvé notre maman. MERCI MILLE FOIS

TIGROU ET MARQUISE