Monsieur et Madame Dominique P.

Valdoie le 17 octobre 2005

Chers amis "2 pattes et 4 pattes", bonjour à tous

Merci beaucoup pour votre petit mot. Quelle joie nous avons eu à la vue de votre lettre.

Cependant au fil de la lecture mon coeur s'est brisé, et j'ai relu et relu encore cette même phrase qui dit que River et Randy nous ont quittés ici bas, je n'arrivais pas à l'admettre.

Au cours de notre visite, il est sur que ma rencontre avec River a été sublime, et, je ne sais pas pourquoi, jamais m'est venu en tête que son départ était déjà prévu, le décompte commencé...

Dans le déni total de la perte, la vérité m'a secouée et mon chagrin est d'autant plus grand.

Cette rencontre entre River et moi m'a marquée à tout jamais et c'est une image de tendresse profonde qu'il m'a témoigné que quotidiennement me revient et à travers une leçon de courage, d'humilité qui reste ancrée au fond de moi.

Cela m'a confirmée dans mon sentiment que la somme ou profondeur d'amour que l'on peut donner ou recevoir n'est pas forcément liée à la durée dans le temps c'est bien ce que River m'a transmis entre autres choses durant cet instant magique où j'ai senti un bonheur profond à son contact, l'impression d'être dans le vrai, l'essentiel de la vie.

En tout cas, ce n'est pas toujours facile d'exprimer clairement ce que l'on ressent lorsque cela nous touche profondément et je pense que mes propos ne pourraient pas être compréhensibles pour certains voir bizarres.

Il est évident que je suis sensible et que je ressens les choses très fortement, mais surtout j'ai un grand respect pour toute forme de vie et suis persuadée qu'elles ont la même importance.

Vous qui avez choisis de vous consacrer à aimer, protéger, soigner, être au contact permanent des chats pouvez peut-être percevoir ce que je veux exprimer.

Au fond de moi, je sais qu'ils sont partis serein, merveilleusement entourés avec un coeur rempli d'amour et que, cela fait partie aussi de l'amour que nous avons pour eux, de pouvoir accepter leurs départs physiques car moralement ils sont toujours là auprès de nous.

Je pense fort aux leçons de courage dont ces petits êtres dont tellement preuve et en respect il est temps que j'accepte ce qui devrait être et leur dire au revoir sereinement. Je vous joints quelques poèmes que j'ai écrit pour eux, ainsi que d'autres choses.

Bien entendu cela n'a rien à voir avec la poésie digne de ce nom mais ils sont écrits avec mon coeur, ainsi qu'une page de photos de chacun de nos petits qui vont tous bien ainsi que nous même, ma fille et ma petite fille à venir dans maintenant 2 mois.

Ma fille m'a transmis via messagerie ordinateur les photos prises chez vous. Seulement, et moi même je n'avais pas fait attention, la prise a été faite derrière et non dedans les enclos, ceci fait qu'on voit le grillage. Je dois en avoir une ou deux pas plus sans, que bien entendu je vous transmets par Mail. Désirez vous tout de même les autres ?

J'aurais bien des choses encore à vous dire, mais je sais votre temps compté et si précieux. Néanmoins je suis avec vous en pensée. Bon courage.

Toutes mes amitiés à tous et à bientôt.

Madeleine et Dominique

Ô! Mon maître

Toi qui m'as choisi,
je te prie de me laisser ma liberté.
Laisse loin de moi les cages,
car nous sommes comme le feu et l'eau,
celles-ci me laissent
un goût amer.
Je te prie de ne jamais m'humilier,
car depuis ma naissance,
j'ai acquis une très grande fierté.
N'oublie jamais ma beauté.
Si tu en prends soin,
je marcherai avec fierté.
Je suis aussi un petit être très fidèle,
alors ne m'abandonne point,
et je saurai l'apprécier.
Je saurai aussi être redevable,
en partageant ton lit si douillet
que j'aime tant.
Je t'en conjure sache m'aimer
et je t'aimerai.
Car il existe en moi de réels sentiments,
de chaton qui grandira heureux 
près de toi.

A l'école des chats du Parisis

Quand on arrive à l'école des chats du Parisis
A première vue rien ne laisse deviner
Que derrière cette porte se trouve tant de vies.
Sans manière vous serez gentiment priés d'entrer
Seule condition pour apprécier pleinement la visite
Passez le pas de cette porte le pas feutré
Sans idées préconçues ou autres à priori.

Les yeux bien ouverts, le coeur en bandoulière
Vous voici dans un jardin extraordinaire
Embaumé par des effluves d'amour et d'amitié
Dans un climat de respect et de sérénité
Rempart de protection contre détresses et misères
Oasis pour guérir, reconstruire ces petits êtres
Dans leur droit de vie si souvent bafoué.

Quand on repart de l'école des chats du Parisis
C'est les yeux bien fermés sur ses souvenirs
Le coeur brouillé par quelque peu de nostalgie.
Sur la pointe des pieds, quitter ce petit bout de paradis
Avec tout au fond de soi un cadeau de la vie
Leçons d'humilité et de courage dans la survie
Enveloppé dans du papier douceur et ruban d'espoir en l'avenir.

Madeleine - Septembre 2005

Cher Loulou

Par ce petit mot, nous venons te dire un petit bonjour et te dire que nous avons toujours une petite pensée toute particulière pour toi.

Chaque jour tu nous accompagne puisque tu as ta place dans l'album photo avec nos 10 petits.

Nous souhaitons te dire aussi que si nous pouvions faire disparaître la maladie et surtout la souffrance, mais voilà nous sommes tellement impuissant et ce sentiment est bien le pire qui soit.
En même temps, nous nous disons que tu es bien entouré, soigné, aimé et cela nous est comme un baume au coeur.

Voilà la saison difficile pour vous tous qui va débuter. Et, du fond du coeur nous souhaitons qu'elle ne fasse pas de complications supplémentaires sur votre santé déjà si précaire.
Depuis bien des années maintenant, moi qui ai pu voir de près toute la détresse et misère féline des rues, tous les jours, je ne peux m'empêcher d'y penser et d'être angoissée. Mais toi, petit chéri, avec tes compagnons tu pourras au moins te réfugier auprès du poêle le plus chaud que je connaisse celui alimenté par l'amour.

Nous te faisons de gros câlins, bisous, pour toi et tes compagnons milles et un murmures de tendresse, d'encouragement, une barrière de pensées pour que la souffrance ne puisse pénétrer...
A très bientôt Loulou, je compte sur toi pour de bonnes nouvelles de toi prochainement.

Ta marraine et ton parrain fiers de toi

De River, Randy et tous leurs amis...

Arrivés à l’école des chats du Parisis
Nous avons rencontré tant d'amis
Qui, au fond de leur mémoire
Avaient presque toute la même histoire
Empreinte d'anathème
Pour une vie de bohème.

A l'école des chats du Parisis
Nous avons trouvé une oasis
Qui, dans le fond de notre mémoire
A introduit l'empreinte de l'espoir
Adieu vie de solitude et d'errance
Escale contre les souffrances

De l'école des chats du Parisis
Comme d'ailleurs, pour tous, c'est écrit
Gravé dans chaque mémoire
L'ultime départ vers une autre histoire
Avec pour tout bagage, l'empreinte du meilleur
Doux souvenirs d'amitié et d'Amour au coeur

Arrivés dans notre Paradis
Nous retrouvons tous nos amis
Avec qui nous partageons nos mémoires
Racontant nos plus belles histoires
Empreintes de bonheur et de reconnaissance
Pour ceux qui nous ont donné une autre chance

Et c'est en témoignage de tant d'amour et de courage
Dont fait preuves certains d'en bas à notre écart
Que nous venons leur confier que la notion de temps
Nous est inconnue, nos seules valeurs sont les sentiments
Le vrai don gratuit et réciproque d'amour et d'amitié
Nous ouvre la voie à tout jamais de l'éternité
Car nos âmes restent bien à vos côtés

Alors dans ce vide nourri d'amour on entendra bien battre le coeur de ma seconde naissance... (Extrait de "Poème pour un ami" de Léonard Nolens)

Madeleine - Octobre 2005

A River, Randy et tous leurs compagnons retrouvés

Je n'irais pas sur votre tombe pleurer
Car vous n'y êtes pas, je sais où vous trouver
Dans les étoiles qui brillent et percent la nuit
Dans toute la voûte céleste qui scintille
Dans les rêves emprunts de douceur
Dans la lumière du jour et la chaleur
Dans les chats des oiseaux du matin
Dans chaque fleur et leur parfum
Dans chacun des rayons du soleil
Et les couleurs de l'arc-en-ciel.

Je n'irais pas sur votre tombe pleurer
Car vous n'y êtes pas, je sais où vous trouver
Dans le passé, le présent et l'avenir
Dans les pensées et souvenirs
Dans tous les lieux, sur tous les rivages
Dans tous les livres et les images
Dans les rires et les joies
Dans chaque instant à côté, vers et en moi
Dans tout ce qui fait mon bonheur
Et me donne force et courage contre les malheurs.

Non, je n'irais pas sur votre tombe pleurer
Car vous n'y êtes pas, vous n'êtes pas mort
Puisque l'Amour ne meurt jamais
Puisque l'Amour est toujours le plus fort

Madeleine - Octobre 2005

Hommage à nos petits qui s'en vont...

Badaboum, badaboum, crient nos coeurs
Qui souffrent et se meurent
Chaque fois que l'un de vous s'en va
Chers petits anges, pour nous ici bas
Donnez tant sans compter, sans retenue
Dans nos vies souvent rudes
Vous êtes miel sur nos douleurs
Arc-en-ciel, lumière de nos sombres heures
Amis inconditionnels, ni artificiels, ni juges
Pour nous, possédant tant de vertus.
Trop souvent si mal récompensés
Bafoués, rejetés, sacrifiés
Au nom d'un égoïsme inhumain
Dans la croyance que seule la vie leur appartient
Mais moi, je vous le dis, je les plaint ceux-ci
Qui oublient ainsi l'essentiel de la vie
Ils ne sont plus qu'insatisfaits, jours bien ternes
Toujours dans la plainte, enfermés sur eux-mêmes
Tandis que nous, touchés par ce cadeau du ciel
Sommes réchauffés, illuminés par un amour éternel
Si fort qu'il traverse tous les lieux, tous les temps
C'est pourquoi ici bas ou dans l'au-delà, vous êtes et resteraient à jamais présents.

Madeleine - Octobre 2005