Débâcle et non retour

Angoisse, joie, peur et tristesse. Tout se mélange.

Nous en étions restés à mercredi le jour où les 4 fugitifs n'étaient toujours pas rentrés et c'est ce soir là que Chloé à force de pleurer a disparu seule ou les autres sont revenus la chercher. Nous ne saurons jamais.

Jeudi

Plus personne sauf Gribouille qui pleure, pleure, pleure mais rentre se coucher à la maison. De plus, j'avais remarqué qu'il perdait ses poils très fortement derrière les oreilles et sur le dessus des yeux depuis quelques jours et là, c'était catastrophique.

Vers 19 heures, une amie qui venait les voir de temps en temps et était au courant de leur vie passée me téléphone en urgence "Viens vite, je suis au feu rouge devant leur usine et je viens de voir Chloé, vite il y en a un autre. Je les avais retrouvés, ils avaient tous repris le chemin de leur lieu de naissance. Après une courte visite pour les voir, je rencontrais 2 des personnes qui travaillent sur place dont l'un me disait qu'il n'y avait pas de problème avec le patron et dont l'autre semblait plus réticent. A la nuit tombée, je revenais pour leur apporter à manger. Dans mon calcul, ils n'avaient rien bu ni mangé depuis 3 jours.

J'inspectais les lieux : ils n'avaient plus de "cabane" et on construisait un bâtiment à l'endroit où ils avaient l'habitude de se dorer au soleil sur des palettes. 

Retour à la maison : que fallait-il faire de Gribouille ?

Vendredi

Après une nuit où Gribouille pleurait, miaulait, une solutions s'imposait. Seulement il fallait le soigner avant. Ne pouvant l'attrapper, je pris des photos au zoom pour montrer le lésions qu'il présentait au vétérinaire. J'avais peur de la gale ou de la teigne ou toute autre maladie de la sorte. Visite faite, rien d'alarmant : c'était juste des lésions de grattage dues soit aux puces ou au stress. J'en suis ressortie avec le médicament en poche mais suffisant pour traiter toute la famille.

Notre décision était prise : il fallait rendre Gribouille à sa famille.

Et là, l'inverse s'est produit. J'allais chercher une trappe pour l'amener d'où il venait.

Ca n'a pas été difficile avec Gribouille, toujours le premier à la gamelle. Par contre, pour son dernier soir nous l'avons "trappé au saumon".

Nous avons ouvert la trappe devant la cour de l'usine. Il est sorti, il a miaulé en hurlant et là les 2 grandes soeurs Félines et Chloé sont arrivées se frottant sur lui. Quel bonheur !

Samedi

Je continue à nourrir tout mon petit monde mais quel chaos dans l'usine : des enfants, des ouvriers...

Dimanche

Nous remettons "la cabane" nettoyée et réhabilitée bien cachée derrière les arbres.

J'en nourris 5 sauf Gribouille

Lundi

Je reviens, ils ont migré dans l'autre bout de l'usine. J'en nourris toujours 5 sauf Gribouille.

Mardi

Je constate que la paille de la cabane est tassée, c'est donc qu'ils peuvent s'abriter car il pleut pas mal en ce moment. J'en nourris toujours 5

Mercredi

Ce soir je vais y retourner mais beaucoup plus tard. Va-t-on voir Gribouille ?

Je vois mon petit Moustic tout blanc qui est devenu crasseux comme un peigne, il est presque gris.

S'ils sont revenus, c'est qu'ils sont plus heureux , et pourtant nous aurions tout donné pour qu'il continuent à vivre avec nous. Ils semblaient paisibles et heureux mais la nature en a décidé autrement.

Il faut maintenant que j'en appelle à la clémence du directeur de l'usine pour qu'il les accepte de façon à me faire aider par les ouvriers pour les nourrir : eux le matin avec des croquettes et moi le soir avec des boîtes  ou des aliments frais et surtout de l'eau car j'ai compris pourquoi certains étaient déshydratés.

Ici on est triste, on aurait voulu qu'ils restent surtout les petits. Mais s'ils sont heureux, c'est le principal.

Maintenant on s'angoisse quand il y a du vent, quand il pleut... quand ils ne sont pas au complet.

On veut surtout retrouver Gribouille qui a disparu depuis 4 jours et qui a besoin de médicaments.

Je dois faire un petit mot au Directeur aussi pour qu'il leur accorde toute sa clémence.

Le gardien, le voisin et les ouvriers sont déjà acquis ....

Le suite plus tard où j'essairais de vous transmettre des photos de leur lieu de naissance et de prédilection car c'est vrai que là-bas il y a de l'espace, de la patûre, des bois ....de la sécurité car loin des routes.

A les voir dormir et faire des câlins, on a pensé qu'ils étaient biens mais une amie m'a dit que je faisais de l'anthropomorphisme. C'est certainement vrai mais ils nous ont donné tant de bonheur pendant les 6 ou 8 semaines où ils ont vécu ici. Cependant, on respecte malgré la peine que cela nous fait de les voir partir.

On espère seulement que, en cas de coup dur, ils se souviendront qu'ils peuvent toujours revenir et seront accueillis comme un chat de la maison.

Jeudi

Hier soir mercredi, je suis allé leur donner à manger plus tard à la tombée de la nuit et là j'ai retrouvé la famille au complet. Gribouille était là !

Lui qui était toujours le premier, depuis qu'il a été stérilisé, il est toujours en retard et dors tout le temps.

J'ai écrit à l'entreprise pour leur demander, comme auparavant de leur donner des croquettes le matin et je viendrai le soir. Je ne sais pas quelle sera la réponse.

Il y avait une dépouille de merle près des gamelles. Nala a intérêt à apprendre à tout son petit monde à chasser même si c'est triste pour les oiseaux ou mulots, mais leur survie en dépendra peut-être.

Je les retrouve comme avant lorsque j'arrive. Ils reconnaissent ma voiture et s'alignent en rang d'oignon devant la grille. C'est comme s'il ne s'était rien passé. J'espère qu'il n'en gardent pas un trop mauvais souvenir.

J'ai même l'impression qu'ils sont encore plus sauvages qu'avant. Féline crache toujours en tapant de la patte quand je descend la gamelle.

Nous reprenons notre vie d'antant.

La suite : L'univers des doudous